Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN – Psychanalyste – Analyse transgénérationnelle – Psychogénéalogie (Contact Cabinet à Bourg-de-Péage tél. 04.75.70.19.72), Artiste de l'Être, Artisan des Mots et des Silences Dé-Voilés

5 janvier 2019

Quand H. LABORIT écrivait à propos de l’esprit de compétition…par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN

Publié par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN - Psychanalyste (Contact Cabinet Bourg-de-Péage au 04.75.70.19.72), artiste de l'être, artisan des mots et des silences dé-voilés dans Extraits de lectures & commentaires

H. LABORIT   (Psychologies, no55) / extrait lui-même tiré de « Alfred Adler, des sources du rejaillissement actuel de la psychologie individuelle » Lionel Nadaud éd. Érès (p.103 édition septembre 1994) : « Si l’évolution s’était réellement effectuée avec la compétition, il y a longtemps que nous devrions être une population de surdoués ! Mais les chercheurs, dont je suis, sont de plus en plus nombreux à apporter des preuves du contraire : c’est l’entraide qui a permis l’évolution. Actuellement la compétition est presque un Dieu que l’on honore. C’est traîner bien bas l’esprit humain. »

 

À méditer

1 janvier 2019

VOEUX 2019

Publié par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN - Psychanalyste (Contact Cabinet Bourg-de-Péage au 04.75.70.19.72), artiste de l'être, artisan des mots et des silences dé-voilés dans Non classé

BIENVENUE dans l’univers 2019. Cet univers vous apparaîtra parfois comme une véritable oeuvre fictionnelle ; l’essentiel sera d’y trouver néanmoins du bonheur et du plaisir. Les « premiers de cordée » auront probablement encore quelques heures de gloire, les autres seront invités à avoir l’ego nécessaire pour se sentir vivants, considérés et respectés. Par chance, un jour, les premiers seront les derniers et les derniers seront les premiers (Évangile selon Matthieu), alors patience et mesure…

Je vous souhaite une année 2019 lumineuse, éclairée par la bienveillance de celles et ceux qui vous veulent du bien ; une bienveillance désintéressée et sincère qui vous nourrira et vous donnera l’audace et le courage d’Être avant d’Avoir. Enfin, ouvrons grands nos yeux, nos oreilles et nos coeurs pour mieux voir, mieux entendre et AIMER.

30 décembre 2018

Le 30/12/2018 à 14h sur France Culture

Publié par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN - Psychanalyste (Contact Cabinet Bourg-de-Péage au 04.75.70.19.72), artiste de l'être, artisan des mots et des silences dé-voilés dans Non classé

Émission L’ART EST LA MATIÈRE par Jean de Loisy

 

« FREUD ET L’IMAGE, UN RAPPORT PARADOXAL »

 

26 octobre 2018

« TERRITOIRES » par Jean-Christophe TCHEKEMIAN-BON

Publié par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN - Psychanalyste (Contact Cabinet Bourg-de-Péage au 04.75.70.19.72), artiste de l'être, artisan des mots et des silences dé-voilés dans Billets d'humeur

Il est un instant essentiel de notre vie : celui de notre conception, quand le spermatozoïde élu rencontre l’ovule disponible. Considérons cet instant comme l’instant T.

À cet instant T le temps rencontre l’espace et l’idée prend une forme unique ; déjà la forme d’une vie. La vie s’incarne. Chaque mouvement de cette vie devient un déploiement du temps dans l’espace. Ici, débute notre identité, notre espace-temps personnel. La matière apparaît. L’instant T et les cellules qui se démultiplient enferment déjà une mémoire du clan familial, nourrie des inconscients ancestraux. Ces inconscients ancestraux sont le fruit d’une empreinte constituée de la somme des projections et incorporations réalisées de manière télépathique. Par un phénomène d’empathie les enfants sont télépathes et se branchent au conscient et à l’inconscient de leurs parents. Le processus de duplication permet donc un héritage inconscient qui se transmet de génération en génération.  Ainsi cet homme en devenir de père et cette femme en devenir de mère, fruits de nombreuses projections et incorporations héritées par leurs parents, qui eux-mêmes en avaient hérité de leurs parents qui eux-mêmes…

Dès la fécondation, les 23 paires de chromosomes se constituent à partir des 23 chromosomes de l’ovocyte et des 23 chromosomes du spermatozoïde. Ceci contient tout le programme génétique de cet être humain en devenir. Ce n’est que 23 semaines après la fécondation et l’implantation d’un ovocyte dans l’utérus que l’on peut observer le sac amniotique. Tout ce qui se passe alors dans le corps de la femme n’est visible qu’avec des appareils spécifiques. Après la fécondation, les cellules se divisent et se multiplient continuellement. La période entre la fécondation et l’implantation dure huit à dix jours. Il est alors question de zygote. Les cellules se divisent en deux parties : une partie intérieure qui deviendra l’embryon et une partie extérieure. L’amas de cellules extérieures forme la face fœtale du placenta et la membrane ovulaire extérieure, le chorion. Les deux amas cellulaires sont liés l’un à l’autre par un pédoncule de connexion qui donne naissance au cordon ombilical. Ce n’est qu’à ce moment-là que ce que l’on ne nomme pas encore « embryon » s’implante dans l’utérus. La vie y est parfois précaire. Ici se termine un long trajet truffé d’embuches à la survie aléatoire. Un autre parcours du combattant débute et les territoires occupés par celui qui se transforme pour devenir l’embryon puis le fœtus prend corps et devient réalité carnée. Le ventre maternel est vécu alors comme un territoire originel privilégié. En effet, je considère que la tentation est grande de considérer le ventre maternel comme le territoire originel  (au sens de lieu de vie et de développement) occupé par l’enfant conçu-à-naître.

Si notre identité personnelle commence bien à la conception, il n’en demeure pas moins que nous nous inscrivons encore dans le biologique pur parce que la première cellule embryonnaire est totalement identifiée aux deux cellules d’origine. L’empreinte est alors chargée de tout ce qui est inscrit dans ces deux cellules d’origine et l’inconscient cellulaire de l’enfant est en résonnance avec le vécu et le ressenti de son géniteur et de sa génitrice qui deviennent alors (ou pas) un père et une mère. Les cellules biologiques du cerveau de l’enfant s’imprègnent alors des émotions, des pensées, de tout ce que ses parents vivent à ce moment-là, et produiront d’une manière mécanique un programme à la manière du copier-coller.

Nous comprenons ainsi que l’enfant à naître ne se développe pas vierge d’une histoire familiale qui par une série de projections deviennent sa propre histoire par duplication, celle avec laquelle, il va se développer durant toute la période de gestation et après sa naissance. Fruit de la rencontre de deux histoires, il en hérite et compose selon un schéma plus ou moins prégnant. Les attentes-quant-aux-rôles sont des engrammes puissants et produisent des empreintes tenaces qui feront de l’enfant puis de l’adulte un actionnaire parfois minoritaire de son entreprise personnelle, en nom propre. Il n’aura parfois même pas le nombre de parts sociales vitales suffisantes pour faire valoir la majorité de blocage comme on le dit dans le monde des affaires.

On peut ainsi imaginer (et cela est incontestable dans la plupart des cas) que cet enfant à naître avant même d’être conçu a donné lieu à des fantasmes (les fantasmes sont probablement aussi des fantômes transgénérationnels) et des projections-incorporations qui habitent l’inconscient de ses géniteurs parents en devenir. Ainsi, avant même d’être conçu et d’habiter la cellule comme espace de vie et de développement puis le ventre maternel l’enfant a existé dans et par les désirs partagés ou pas, dans le monde immatériel et symbolique des idées. Il a occupé l’espace-esprit et a alimenté de nombreux projets et fantasmes. Il est même concevable qu’il ait eu une forme et des traits précis à la manière de l’enfant idéal fantasmé par tout parent en devenir. Je crois ainsi que cet espace de l’enfant fantasmé et de l’enfant idéal pourrait être considéré comme le tout premier lieu de vie, territoire occupé sans titre de l’enfant non encore conçu autrement dit de l’Idée de l’enfant. Le projet-sens est cet espace-temps que nous pourrions évaluer à 27 mois et qui comprend le projet partagé (ou pas) d’enfant, la période de gestation et les neuf premiers mois de l’enfant. Aussi, ne pouvons-nous pas imaginer que nous habitons d’abord l’esprit (ce qui nous fait exister) puis le corps (ce qui nous fait vivre). Nous marquons notre territoire de plusieurs manières. Pour autant, nous sommes les héritiers de cet homme et de cette femme ou devrions-nous dire de ces hommes et de ces femmes qui un jour peut-être nous ont imaginé, pensé et créé, symboliquement selon une série de projections qui ont constitué par la suite le socle de notre filiation, de notre personnalité.  Quand on naît d’un désir partagé, on a une existence en pensées et en mots avant d’être en corps. Ce désir partagé est notre territoire. Concevoir un enfant dans le désir partagé c’est activer le processus qui va donner forme et corps au désir. La rencontre de deux personnes conscientes de leur désir crée un espace d’accueil favorable à l’enfant. Le futur enfant a déjà une place dans l’économie psychique et affective des futurs parents.  On a besoin du désir de l’autre, besoin que ce soit un partage pour que son rêve se réalise. Le rêve individuel s’évanouit au profit d’une alchimie qui se crée à deux. Non désiré, l’enfant est toujours le fruit d’une rencontre. Il est alors le fruit de la rencontre de deux inconscients et non plus de deux personnes.

Et au-delà de notre réalité fantasmée dans l’esprit de nos ancêtres puis de nos géniteurs, je me demande s’il n’existerait pas, en amont de l’enfant conçu,  un désir engrammé d’incarnation de la cellule vivante dans le désir d’enfant. L’enfant habite le désir d’enfant de ses parents durant le projet-sens mais il habite aussi son propre désir de s’incarner dans ce même désir et d’en advenir l’objet : objet du désir. Ainsi, la demeure originelle de l’enfant conçu serait un habitat collectif partagé entre un désir de futur père,  un désir de future mère et un désir de futur enfant incarné dans la vie. Je considère que nous ne sommes pas arrivés ici ou là, dans un clan plutôt que dans un autre par le seul fruit d’un hasard ou alors comme le dirait Anne Ancelin Schützenberger, il s’agirait de bel exemple de sérendipité (hasard heureux).

Je crois que nous nous incarnons sur le territoire d’un clan familial dans lequel nous avons un chapitre de l’histoire (familiale) à écrire, à corriger, à soigner, à transformer, à réparer…

La vie de notre territoire ici et maintenant ne résume pas à lui seul le territoire de nos vies…

23 octobre 2018

« BRANCHÉ » par JeanChristophe TCHÉKÉMIAN-BON

Publié par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN - Psychanalyste (Contact Cabinet Bourg-de-Péage au 04.75.70.19.72), artiste de l'être, artisan des mots et des silences dé-voilés dans Poésie

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14 octobre 2018

Lumière douce, douce chaleur, mouvement de flamme, flamme de vie…, mémoire-souvenir. Par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN-BON.

Publié par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN - Psychanalyste (Contact Cabinet Bourg-de-Péage au 04.75.70.19.72), artiste de l'être, artisan des mots et des silences dé-voilés dans Poésie

SOUVENIR

10 octobre 2018

À Écouter-Entendre & Voir… »À VOIX NUE » sur FRANCE CULTURE & MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE DU JUDAÏSME

Publié par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN - Psychanalyste (Contact Cabinet Bourg-de-Péage au 04.75.70.19.72), artiste de l'être, artisan des mots et des silences dé-voilés dans Non classé

  »À VOIX NUE » SUR FRANCE CULTURE

Rencontre cette semaine avec Danièle FLAUMENBAUM dans l’émission radiophonique « À voix nue » sur France Culture.

Danièle Flaumenbaum est médecin gynécologue. Héritière de Françoise Dolto, et militante pour une médecine respectueuse de l’humain, elle s’est engagée pour que les enfants naissent dans le désir partagé de leurs parents, et pour prolonger une révolution sexuelle inachevée.

Dans les années 60, Danièle Flaumenbaum a la chance de voir son action militante au Planning familial et au MLAC (Mouvement pour la Liberté de l’Avortement et de la Contraception) porter ses fruits.

Elle est la première génération de gynécologues à prescrire la pilule. Mais celle-ci ne résout pas tout, et notamment pas les pathologies et les difficultés à vivre une sexualité héritière d’un lourd passif.

BIBLIOGRAPHIE

« Femme désirée, femme désirante » Danièle Flaumenbaum Payot (Petite bibliothèque), 2017

« Les passeuses d’histoires » Danièle Flaumenbaum Payot (Petite bibliothèque),

 

&

 

MUSÉE D’ART ET D’HISTOIRE DU JUDAÏSME

Hôtel de Saint-Aignan, 71 Rue du Temple, 75003 Paris

 

AUTOUR DE L’EXPOSITION SIGMUND FREUD DU REGARD À L’ÉCOUTE

Avec Jean Clair, de l’Académie française, commissaire de l’exposition, et Philippe Comar, École nationale supérieure des beaux-arts, Laura Bossi-Régnier, neurologue et historienne des sciences, conseillers scientifiques de l’exposition.

À travers la musique, la littérature ou le cinéma, le programme de l’Auditorium offre un prolongement des domaines abordés dans le musée et les expositions.

« Pourquoi Sigmund Freud au MAHJ ? N’avait-il pas repoussé lui-même l’idée d’une « psychanalyse science juive » ?

À travers des œuvres majeures, l’exposition révèle un Freud peu connu en France, où sa pensée fut d’abord diffusée par les cercles littéraires surréalistes. On y découvre les travaux de Freud neurologue, à Vienne puis à Paris, et son intérêt croissant pour la biologie. Son univers visuel est particulièrement mis en avant, notamment lorsqu’avec Jean-Martin Charcot, à la Salpêtrière, il observe minutieusement les symptômes des patients.

Le parcours fait redécouvrir l’invention de la psychanalyse, qui s’épanouit dans l’écoute, en l’absence de toute représentation visuelle. Freud se pose ici en héritier de Moïse, grand briseur d’images. »

TEXTE TIRÉ DE LA PRÉSENTATION OFFICIELLE

 

 

 

26 septembre 2018

« EXOPLANÈTE » par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN-BON

Publié par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN - Psychanalyste (Contact Cabinet Bourg-de-Péage au 04.75.70.19.72), artiste de l'être, artisan des mots et des silences dé-voilés dans Non classé

"ABYME"  par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN-BON

26 juillet 2018

« APPARITION » par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN-BON

Publié par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN - Psychanalyste (Contact Cabinet Bourg-de-Péage au 04.75.70.19.72), artiste de l'être, artisan des mots et des silences dé-voilés dans Non classé

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20 juillet 2018

« REUSSITE ET BONHEUR PAR PROCURATION » par Jean-Christophe TCHEKEMIAN-BON

Publié par Jean-Christophe TCHÉKÉMIAN - Psychanalyste (Contact Cabinet Bourg-de-Péage au 04.75.70.19.72), artiste de l'être, artisan des mots et des silences dé-voilés dans Billets d'humeur

Au nom de quelle tradition ou sacro-saint principe, pouvons-nous légitimement demander à nos enfants qu’ils réussissent, leur vie et dans la vie et qu’ils soient heureux ? Comme si demander à nos enfants de réussir et d’être heureux suffisait à ce qu’ils y parviennent. Comme si le demander suffisait à ce qu’ils s’accomplissent sur des trajectoires de vie, qui, en réalité, ne sont pas tout à fait les leurs. Les parents s’autorisent-t-ils cette requête au nom d’une prérogative inhérente au rôle qu’ils s’attribuent et qui semble légitime, à savoir : vouloir plus et mieux qu’ils n’ont eu ou fait, eux-mêmes, pour leurs enfants ? Il est parfois même question qu’ils veuillent le meilleur, ou ce qu’ils considèrent être le meilleur pour le compte de leurs enfants. Ainsi, peut-on imaginer, qu’en contrepartie de cette demande de réussite et de bonheur adressée à leurs enfants, les parents en bénéficient par procuration ? Il s’agirait ici d’une réussite et d’un bonheur que les parents vivraient par ricochets comme pour satisfaire inconsciemment des projets de vie, empêchés ou déçus ou auxquels ils ont renoncé. Cette demande prendrait ainsi la forme d’une injonction à la promotion et au bonheur. Cette assignation inconsciente ne compenserait-elle pas avant tout, les frustrations de parents qui n’ont pas pu s’accomplir sur des trajectoires de vie qu’ils n’auraient, sur le même modèle, pas tout à fait choisies ? En réalité, à quoi bon demander à ses enfants de réussir et d’être heureux ? Ils y parviendront et le deviendront naturellement en observant les trajectoires de vie de leurs parents : ils les imiteront si elles leur paraissent attractives et sources d’épanouissement ou en s’en éloigneront si elles leur semblent liberticides. Cet espoir pressant de la part de certains parents ne serait-il pas une manière détournée de confesser leurs frustrations plutôt que d’exprimer des ambitions pour le compte de leurs enfants ? Demander à ses enfants de réussir et d’être heureux là où les parents auraient failli, semble néanmoins une tendance constante et tenace, difficile à dénoncer sans déstabiliser un fragile équilibre familial et une image à garantir. Les réussites et le bonheur affichés de sa progéniture contribuent à valoriser un capital immatériel familial. L’enfant est un investissement et comme tout investissement considéré économiquement comme une consommation différée, les réussites des uns profitent aux autres. A défaut d’être on existe par la réussite des autres. Ce schéma se conçoit de la même manière à l’inverse. Combien d’enfants jouissent et surfent sur la réussite matérielle de leurs parents ? Les réussites des uns participent de l’image des autres. Et le schéma d’une certaine reproduction sociale devient flagrant.

En effet, que projette-t-on sur la réussite et le bonheur de nos enfants ? Qu’espère-t-on qu’ils réalisent ainsi pour notre propre compte sans que le bilan de nos vies soit mis en difficulté ? Quelle est la part de nos attentes personnelles déchues et rêves inassouvis dans ces « attentes-quant-aux-rôles » : projections multiples auxquelles nous soumettons nos enfants avant même qu’ils soient nés ? Le projet sens est la période comprise entre six et neuf mois avant la procréation jusqu’au neuvième mois après la naissance (empreinte de naissance de 27 mois au total selon J-Philippe Brebion) ; celle-ci semble propice à toutes les projections. Les parents confieraient inconsciemment à chacun de leurs enfants en fonction de leur rang de naissance mais aussi de leur sexe et d’un certain nombre d’affinités (familiales, naturelles, oedipiennes ou encore transgénérationnelles), mais aussi par des facteurs différenciants et discriminants propres à l’histoire du clan, des missions réparatrices, compensatrices ou expiatoires. Ces missions maintiennent l’histoire familiale à flot. L’idée serait de panser les plaies laissées à vif, de compenser les regrets et les remords de ces parents qui espèrent et attendent beaucoup de la réussite et du bonheur de leurs enfants. Les schémas répétitifs s’invitent alors à la table des réjouissances et les mêmes causes produisent les mêmes effets.

Que dire de ces enfants que je perçois comme « otages » d’une histoire familiale aux traumatismes qui se transmettent de manière inconsciente, transgénérationnelle, comme une dot par laquelle ils se sentent liés (au propre et au figuré) ; assignés à une mission quasi-héroïque de vivre un scénario de vie qu’ils n’ont pas choisi et qui, en réalité, ne les concerne pas ? Ces enfants que je décris comme « téléguidés » avant même d’être nés, sous le contrôle inconscient d’une histoire clanique, deviennent des adultes « sous pression(s) éducative(s) inconsciente(s) » assignés à résidence et contraints de faire « plus » et « mieux » sans discréditer les mérites de leur ascendance. Sous les effets d’une double contrainte que la clinique de la névrose de classe de Vincent de Gaulejac dépeint parfaitement, ils n’ont, alors, pas la sensation de vivre l’histoire d’une vie qu’ils ont choisie ni le scénario d’un roman biographique écrit par eux. Ils souffrent des effets de cette situation : un mal-être et un malaise qu’ils ne peuvent pas nommer sans se sentir coupables. Ils ne se sentent pas dignes des espoirs et des projets parentaux ni en mesure d’honorer la dette contractée par leur seule naissance. Le fait qu’ils ne parviennent pas à satisfaire des projets de vie qui ne sont originellement pas les leurs mais qui le sont devenus, par la force inconsciente des choses, est vécu comme une trahison à l’endroit de leurs parents. Ils ne réussissent pas à s’en délier sans conséquences traumatiques. La gêne devient chronique, le malaise s’installe et la culpabilité se transforme en doutes profonds. Ces enfants se vivent en échec et se ressentent « nuls ». Pourtant, ils se trompent sur leur sort mais on ne les rappelle que rarement à la raison. En réalité c’est à la raison des parents qu’il faudrait se rappeler. Il serait intéressant et parfois urgent d’inviter ces parents captateurs de la singularité de leurs enfants, « privateurs » d’un espace vital essentiel pour s’accomplir voire spoliateurs d’une énergie vitale indispensable à l’émancipation à avoir le courage d’admettre leurs frustrations et leur désir caché de jouir de la réussite de leurs enfants.

Nous pourrions légitimement souhaiter et espérer la réussite et le bonheur de nos enfants s’il était question d’une réussite et d’un bonheur qui aient du sens pour eux. Attendre ou demander ne serait, en revanche, pas de bon augure. Nous avons tous des exemples de ces familles pour lesquelles la réussite des uns vient compenser les erreurs, les échecs, les regrets et les remords des autres. Que penser de la génération d’après quand elle n’enrichit pas le clan d’une valeur-ajoutée ? Ce modèle courant d’une certaine idée de la promotion sociale semble si naturel et acquis : faire « mieux » et « plus ». Mais mieux que quoi et plus que qui ? Etre parents n’implique pas d’être détenteurs d’un mandat en blanc-seing ouvrant des droits sur la vie, la réussite et encore moins le bonheur de ses enfants. Tout semble possible aux enfants épanouis : c’est le moment de la toute-puissance. Aussi, le sentiment de cette toute-puissance des enfants suffit à nourrir leurs désirs et leurs rêves même les plus démesurés. Comment faire que ces désirs et ces rêves ne soient que les leurs ? Ne serait-il pas préférable de concevoir l’éducation comme un accompagnement à l’émancipation et à la liberté plutôt qu’une assignation à la réparation ou encore une injonction à la réussite quel qu’en soit le prix ? Ne pourrions-nous pas essayer de ne plus penser l’avenir de nos enfants ? Pourquoi cela devrait-il apparaître comme utopique ? Pourquoi ne pas les accompagner en les aimant « gratuitement », sans contreparties que celle de la liberté qu’on leur offrirait d’explorer leurs propres trajectoires ? C’est ainsi qu’ils auraient le désir, la volonté et le courage vital d’exister librement et pour leur seul compte sans se sentir ni s’éprouver redevables d’un projet de vie assigné qui ne serait pas le leur. Ils composeraient, ainsi, avec les aléas de la vie, qu’ils considèreraient comme des expériences. L’échec, alors formateur, deviendrait, une simple expérience. Les attentes aux ambitions élitistes, symptomatiques selon moi d’un malaise de civilisation, ne considère pas à sa juste place, l’échec, comme ce qu’il est en réalité, à savoir : une expérience du début comme nécessaire pour ne pas sombrer à la fin. Il n’est pas question ici de prôner une culture de l’échec mais de lui redonner une place qui ne soit pas associée à l’humiliation. Celui qui n’a jamais vécu d’échecs est finalement moins bien préparé aux aléas vitaux et  s’écroulera  peut-être avant les autres et bien plus lourdement dans le cas d’une crise existentielle plus profonde. Respecter les échecs et les chutes de ses enfants et y répondre en louant leurs initiatives et leur courage est un magnifique témoignage d’amour. Cet amour désintéressé les nourrira de l’énergie vitale nécessaire à la réalisation de leurs désirs et de leurs rêves les plus secrets et les plus fous, d’une folie créatrice, libératrice, salvatrice et probablement thérapeutique. Les parents font « plus et mieux » en aimant gratuitement leurs enfants et en les encourageant à se relever après avoir loué leur audace et leur courage, à chacune de leurs chutes, plutôt qu’en les assignant à leurs modèles de réussite et de bonheur qu’ils ne sont parfois pas parvenus à atteindre pour leur propre compte. Donnons-leur le courage et l’audace nécessaires pour « faire » plutôt que pré-tracer une trajectoire sur laquelle ils seront ralentis par manque d’élan vital. Le sentiment d’être « de bons » ou « de mauvais » parents (cf. ce qu’en disait Françoise Dolto) ne s’apprécie pas à l’aune des erreurs que l’on évite à ses enfants mais plutôt à l’aune des expériences qu’on leur autorise, par la liberté qu’on leur offre, de se réaliser pleinement et en toute conscience. Nos erreurs deviendront les leurs si nous les assignons aux mêmes frustrations que les nôtres par d’évidentes synchronicités. Dès la naissance, l’enfant, par son aperception tendancieuse, personnelle et singulière, lui permettra de concevoir le monde à travers ses propres filtres et selon l’idée qu’il se fait de son environnement. Cela le conduira grâce à son pouvoir créateur à se réaliser à travers un style de vie qui se déclinera à l’infini dans tous les actes de la vie.

L’enfant n’est-il pas en mesure, par sa perception du monde, ses expériences de la vie (bien avant sa naissance), ses tentatives, fructueuses et infructueuses, de sa place, à lui, celle qu’il occupe dans son environnement, de la hauteur qui est la sienne (même si elle est inférieure à la hauteur des adultes), d’imaginer, de concevoir et de rêver le monde dans lequel il souhaite vivre et d’emprunter les trajectoires qui le conduiront sur la voie de sa réussite et de son bonheur ? C’est en les empruntant et en les transformant qu’il deviendra libre et qu’il choisira en son âme et conscience de réussir sa vie et dans la vie et de se vivre «heureux».

« L’homme n’est rien d’autre que ce qu’il se fait », tel est le premier principe de l’existentialisme sartrien.

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