Jean-Christophe TCHEKEMIAN – Homme de l'être

15 décembre 2017

Complexe d’infériorité selon Simone de Beauvoir

Publié par Jean-Christophe TCHEKEMIAN - Homme de l'être dans Extraits de lectures & commentaires

Le féminisme et la protestation virile

Simone de Beauvoir dans LE DEUXIÈME SEXE faisant référence à la position des femmes dont la situation ouvre moins de possibilités, cite Pythagore :  » il y a un principe bon qui a créé l’odre, la lumière et l’homme, et un principe mauvais qui a créé le chaos, les ténèbres et la femme  » …  » pour tous ceux qui souffrent d’un complexe d’infériorité, il y a là un linement miraculeux : nul n’est plus arrogant à l’égard des femmes, agressif ou dédaigneux, qu’un homme inquiet de sa virilité… »

11 décembre 2017

La psychothérapie selon Alfred Adler

Publié par Jean-Christophe TCHEKEMIAN - Homme de l'être dans Non classé

 » La psychothérapie est un exercice de coopération. Pour comprendre le patient, il faut le voir avec empathie, avec ses yeux et l’écouter avec ses oreilles… »

In « what life should mean to you » pp. 70-71

1 décembre 2017

« Homme de l’être, artisan silencieux des mots qui ré-sonnent… » écrit par Jean-Christophe Tchékémian

Publié par Jean-Christophe TCHEKEMIAN - Homme de l'être dans Billets d'humeur

Ma  formation de type universitaire puis mes différentes fonctions dans l’enseignement m’ont naturellement confronté à l’ensemble des problématiques pédagogiques : apprentissages, freins, échecs, ainsi qu’aux troubles et souffrances qu’elles engendrent parmi les apprenants comme parmi le corps enseignant. La nature humaine dans toute sa richesse, sa complexité, ses subtilités, ses systèmes et ses paradoxes a toujours suscité mon plus profond intérêt. C’est pourquoi, je me consacre aujourd’hui pleinement et entièrement à cette exploration.

Aussi loin que je me souvienne, ma démarche introspective a débuté, au fond, bien avant ma première tranche analytique. L’enseignement de la philosophie, comme pour beaucoup d’entre nous, a été un élément marquant qui m’a initié à la dimension conceptuelle et spirituelle. Je portais déjà un intérêt à cette autre scène qu’est celle du rêve ou/et de la rêverie. Je notais scrupuleusement ces bribes de souvenirs au réveil. J’explorais à l’aide d’ouvrages de référence dédiés les contenus manifestes et latents. J’avais, alors, peu d’expérience pour mener à bien les associations nécessaires et accéder à la clef de mes songes.

L’initiative analytique part toujours d’une souffrance (consciente ou inconsciente). Il en a été de même pour moi. Curieux par nature, j’ai exploré plusieurs écoles de pensée et différentes pratiques : analyse freudienne, gestalt thérapie, psychologie individuelle comparée adlérienne, psychogénéalogie, analyse transgénérationnelle, théâtre spontané, psychodrame morénien, mémoire du corps.

Je me concentre, aujourd’hui, sur l’approche analytique adlérienne,  psychogénalogique et transgénérationnelle ainsi que sur l’exploration de la mémoire du corps.

Enthousiasmé par la plupart de mes rencontres avec des professionnels passionnés, impliqués dans la recherche liée à leur science et à leurs pratiques, dans la transmission et le partage de leur art et talents, j’ai croisé aussi la route des gens moins rigoureux qui avaient oublié que personne ne peut conduire personne plus loin qu’il n’est arrivé lui-même. Mais après le travail de deuil, je retiens de toutes ces rencontres, avant tout humaines, un signe manifeste de ce que je souhaite et ne souhaite plus, aujourd’hui. Ces expériences qui furent parfois difficiles et douloureuses m’ont permis d’adopter la distance nécessaire qui évite toute pollution, toute toxicité. Je milite sereinement pour une psychanalyse (il en est de même pour la relation d’aide) non-dogmatique, non-enfermante, gagnant à ne se revendiquer exclusivement  et de manière obtuse d’aucune chapelle stricto-sensu. Ma conception de la psychanalyse (comme de la relation d’aide) comme méthode d’investigation de la psyché humaine mobilise toutes les dimensions : intellectuelle (car les pensées et les mots sont un langage nécessaire), émotionnelle, sensorielle mais aussi, physique. Toutes ces dimensions, ces couches de vie ont un langage. Le corps enferme toute notre histoire et bien au-delà. Notre histoire est avant tout une histoire de mémoires. La blessure originelle, le choc initial qui nous installe durablement dans le trouble est réactivé comme un écho aux résonances douloureuses et handicapantes lors d’événements qui nous les fait revivre, inlassablement, de manière cyclique et inconsciemment. Les schémas répétitifs interviennent comme en résonance à cette blessure originelle. L’introspection par la parole et l’intellect ne suffisent pas à aller assez loin et profond pour nous dégager de cette emprise polluante inconsciente. Il faut aussi aller à la rencontre de ce corps qui enferme toutes nos souffrances. Les émotions, les sensations nous donnent un accès privilégié au corps dont la mémoire est immense et encrée comme des engrammes dès l’origine.

Je conçois aussi la psychanalyse (comme toute relation d’aide) comme un art : pouvoir créateur inconscient de l’enfant (Alfred Adler), imagination, créations artistiques comme sublimations, empathie, associations libres d’idées comme mode d’accès à notre inconscient. Il y a encore tant de choses à dire de cette dimension artistique. A côté de cela, l’autre scène qu’est l’espace onirique, le rêve, est une voie d’accès directe à notre inconscient et notre mémoire la plus archaïque. Cette voie est codée et apparaît au premier abord très étrange et hermétique. C’est en lui accordant toujours plus d’intérêt que l’on s’y initie comme nous aiguisons nos papilles gustatives aux nouvelles saveurs. C’est pourquoi, la théorie (métapsychologie) n’est pas suffisante ; elle n’est d’ailleurs pas « tout » ni le Tout.  L’analyse est aussi expérientielle, pratique, une rencontre aux contours et aux découvertes multiples, protéiformes qui nous éveillent et développent notre relation aux champs des possibles.

La formation théorique des psychanalystes existe : elle a ce mérite même si elle n’est pas inscrite dans le marbre ou qu’elle peut être discutée et contestable. Jacques Lacan faisait référence, déjà en 1973 puis en 1978, à l’intransmissibilité de la psychanalyse avec quelques subtilités de langage qui ouvrait à la dialectique. Il a été question de positons clivantes mais chacun y a trouvé son compte. Il faut néanmoins resituer ses propos dans leur contexte et peut-être dans ce qui était déjà une transgression pour les uns, un « pas-sage » à l’acte, une révolution-rébellion ou tout simplement une expression de son génie, pour les autres. C’est pourquoi, avant une école de pensée, un style, une méthode, il est question de la qualité de la rencontre, de la relation entre l’analyste et l’analysant mais aussi de la qualité de ce qui s’y joue.

Faire le choix de la thérapie analytique c’est choisir un chemin a priori long (mais pas interminable – la psychologie individuelle et comparée adlérienne a su le mettre en pratique), jusqu’alors incompris (parce qu’échappant au Moi, justement, car inconscient) souvent escarpé et difficile mais libérateur et dont les améliorations sont perceptibles en quelques séances. Le tempo du travail thérapeutique est particulier ; aussi, il faut être en mesure d’accepter ce rythme lent mais dense et intense qui donne toute sa puissance à ce qui s’y joue. Prendre conscience c’est devenir plus libre, c’est être moins enferré et moins seul. Certains ne le souhaitent, d’ailleurs, inconsciemment, pas. La maladie comme les manifestations que l’on appelle  »symptômes » fournissent souvent de réels bénéfices secondaires. Que gagne-t-on à être malade ? Cela incite parfois à la (ou les) considérer comme un (ou des) refuge(s) confortable(s). Mais tout cela est bien évidemment inconscient.

L’analyse procède d’une démarche volontaire et courageuse ; c’est la rencontre avec ses ténèbres, ses ombres, ses cryptes et ses fantômes : avec l’immensité de son inconscient. C-G Jung écrivait :  » Ce n’est pas en regardant la lumière qu’on devient lumineux mais en plongeant dans son obscurité ».

Accomplir ce travail, c’est aussi poser son arbre de vie, son arbre familial et voyager dans celui-ci (atome social, génosociogramme réalisé de mémoire sur au moins trois générations) pour y rencontrer les souvenirs et les oublis, les pleins et les vides, les présents et les absents, les vivants et les morts, les visibles et les invisibles, bref, ceux qui participent à faire de nous ce que nous sommes (ou ne sommes pas). C’est y voir, y trouver ou y retrouver sa place (ou celle qu’on nous a imposé ou à laquelle on aspire) et aller à la rencontre de son univers, de sa famille, de sang et de coeur, identifier les schémas répétitifs qui entravent nos vies, nos libertés et notre déterminination. C’est identifier des dates anniversaires qui marquent des coïncidences (co-incidence, écho-incidence…) qui en réalité n’en sont pas, des loyautés qui valident nos fidélités à des faits marquants, inconnus de nous en réalité, dont on ignore tout, qui deviennent des traditions, transmises de génération en génération, de manière consciente et/ou inconsciente.  C’est aussi aller à la rencontre du roman familial afin de rétablir certaines réalités, certains secrets et vérités qu’il devient nécessaire de rétablir et légitimer. On y plonge seul mais à proximité de l’Autre dans la sérénité et l’empathie du thérapeute qui devient un partenaire d’exploration avec la réserve et la juste-distance de rigueur.

Le principe de tout travail analytique érigé en loi fondamentale est la parole libérée de toute contrainte qui par l’association libre d’idées conduit, au fil de l’eau (des séances), à prendre conscience et à éprouver par tous les sens. L’alliance thérapeutique entre l’analyste (le praticien) et l’analysant (le consultant) s’inscrit dans un cadre déontologique et éthique. Cet espace est sacré (safe space) pour l’un comme pour l’autre. L’introspection et ce qu’il en advient, comme un allant-devenant, est accompagnée dans le respect des rythmes de chacun. Il n’y a pas de modèle  et encore moins de modèle figé. Chaque analyste a sa manière de travailler.

Lacan invitait les analystes à se réinventer sans cesse et ainsi à réinventer la psychanalyse. En ce sens, elle est aussi un art qui nécessite du talent : son propre talent, non pas la pâle copie du talent du maître. Il faut commencer par s’en inspirer pour s’en libérer. Tel est le prix de la liberté et donc de la conscience : être l’original (comme l’original du tableau).

« D’abord ne pas nuire… » est une exigence catégorique et non-négociable.

L’analyste a des outils pour éviter les tentations, les pièges et les risques du transfert et du contre-transfert, parfois négatif ou des projections déplacées et inadaptées. La psychanalyse n’est pas un art-profession comme les autres. Elle est encore moins une activité commerciale. Elle pose un cadre déontologique clair et exige une éthique individuelle rigoureuse circonstanciée, protégeant le patient-analysant-consultant et le thérapeute-analyste-praticien qui interagissent au sein d’un contrat thérapeutique défini ensemble dès la première séance.. La question de l’argent est une réalité non-négligeable mais elle ne devrait pas être un motif de discrimination, de renoncement, de rejet, de refus ou d’exclusion ni de privilège d’ailleurs pour l’un comme pour l’autre. La détermination du tarif devrait être un sujet « discuté » (dont on discute ensemble) et fixé en tenant compte de la situation du consultant. Il est ici question d’un sujet qui met en jeu la notion de proportionnalité. Cette question participe de l’implication de l’analysant dans la cure (et peut-être même de celle de l’analyste). C’est un vrai sujet : ni tabou ni point de fixation.

Trouver l’analyste qu’il vous faut est parfois déjà en soi un chemin difficile (le sexe, l’âge, le style, la notoriété, le tarif, la durée des séances, le rythme des séances, la situation géographique…).

La psychanalyse n’est pas de la cuisine ni même de la gastronomie, n’en faisons pas de la tambouille !

Pour autant, vos choix contribuent à vous raconter quelque chose de votre histoire à laquelle il faut être attentif. Mais rien n’est jamais définitif et plutôt que de souffrir ou ne pas avoir le sentiment d’avancer sereinement, il est toujours temps d’en changer. Il n’est pas question du meilleur. Il est préférable qu’il soit ici question du thérapeute qui vous convienne. Ni le tarif le plus élevé ni le praticien le plus présent ou visible dans les médias ne sont une garantie de sérieux, de crédibilité, de fiabilité ou de compatibilité. Chacun finit par trouver le « sien ». Il vous reste à trouver le vôtre.

L’analyse est une ouverture sur l’immensité, sur la pénombre, la nuit et le silence de « l’incompris » (pour l’inconscient – nommé ainsi par Alfred Adler) où se joue à la manière d’une partition de musique, une oeuvre essentielle, aux mouvements lents et rapides, étonnants.  Il s’y rejoue des situations pénibles, aussi, la première qualité à éprouver (sensation et mesure) est votre confort et votre confiance en l’Autre (« l’autre est indispensable à mon existence aussi bien d’ailleurs qu’à la connaissance que j’ai de moi… » selon J-P Sartre) et dans la relation d’aide qui s’installe. Vous devez pouvoir vous sentir libre, respecté, attendu et reconnu dans votre individualité et votre souffrance.

Je vous souhaite un chemin lumineux et éclairant dans cette belle aventure de la Vie.

30 novembre 2017

CONSTELLATION FAMILIALE comme outil opérant un travail de libération par Jean-Christophe Tchékémian

Publié par Jean-Christophe TCHEKEMIAN - Homme de l'être dans Extraits de lectures & commentaires

Fondée par Bert Hellinger, psychothérapeute allemand, la constellation familiale est une thérapie psychogénéalogique qui met en jeu l’inconscient familial et transgénérationnel. Proche du psychodrame, sorte de théâtre thérapeutique, elle s’effectue en groupe, et permet de REJOUER UN SCRIPT, celui de L’HISTOIRE FAMILIALE, pour en DÉNOUER les NŒUDS.

Le principe se résume ainsi : les SECRETS de FAMILLE PEUVENT DEVENIR les MAÎTRES SILENCIEUX de nos DESTINS, LES RÉVÉLER est UN PREMIER PAS pour METTRE un TERME à des SCÉNARIOS RÉPÉTITIFS MALHEUREUX.

De TYPE BRÈVE, la CONSTELLATION FAMILIALE OPÈRE un TRAVAIL de LIBÉRATION, qui PEUT S’APPARENTER à un DEUIL, celui de la FAMILLE PARFAITE.

La méthode utilise des éléments de l’approche systémique, de la PNL, de la Gestalt, de la thérapie familiale, des recherches transgénérationnelles et et la psychogénéalogie pour explorer le système familial et les systèmes humains comme les organisations, les institutions ou les entreprises afin d’améliorer leur fonctionnement.

29 novembre 2017

LE SYMPTÔME par Jean-Christophe Tchékémian

Publié par Jean-Christophe TCHEKEMIAN - Homme de l'être dans Non classé

Étymologie SUMPTÔMA : COÏNCIDENCE mais aussi ACCIDENT

Définition : « phénomène subjectif qui révèle un trouble

Mais pourquoi pas : « co-incidence » ou « écho-incidence » ?

 

Certains psychanalystes considèrent que toute manifestation individuelle peut constituer un symptôme qui peut en plus de faire consciemment souffrir, être aussi une source inconsciente de plaisir, un bénéfice secondaire. Le symptôme serait comme le paravent d’une vérité enfouie qui cherche à se dire autrement qu’en mots.

 

29 novembre 2017

Extraits suite « J’ai dansé avec mon ombre » Philippe Lenaif

Publié par Jean-Christophe TCHEKEMIAN - Homme de l'être dans Extraits de lectures & commentaires

Principes de l’attraction au sein du couple selon ROLANDO TORO ARANEDA

LE FÉTICHE est la personne qui éveille le plus la sexualité

L’AMNIOS est celle qui assure le plus la sécurité affective

LE DAÏMON est celle qui convie à une révérence sacrée.

Il faudrait donc au sein du couple tout à la fois : un désir passionné de l’autre alimentant une grande complicité sexuelle
Une profonde relation affective invitant à prendre soin de l’autre avec tendresse
Une dimension spirituelle, transcendante, amenant à vénérer l’autre avec respect pour sa nature sacrée, sa lumière er son chemin

Un couple ne trouve sa plénitude que lorsque les aspects FÉTICHE, AMNIOS et DAÏMON sont nourris. La SANTÉ de L’INDIVIDU PASSE PAR UNE CONNEXION PROFONDE À SA DIMENSION ANIMALE et SES INSTINCTS, à sa dimension humaine et son affectivité et à sa dimension spirituelle et sa relation à l’Esprit. En simple, pour garantir sa santé globale, il faut se reconnecter à ses instincts, se libérer de ses émotions refoulées et de s’en remettre à l’Esprit.

… »Ce qui unit habituellement les êtres n’est pas l’amour mais les projections névrotiques. Ce qui fait palpiter nos coeurs, ce sont surtout nos grands élans de névrose amoureuse, c’est quand on perçoit l’autre comme l’être idéal par qui toutes nos contradictions vont disparaître. Une grande part de l’humanité confond amour et dépendance affective névrotique de l’autre.

L’amour c’est avoir le courage de reconnaître que l’autre n’est qu’un miroir et que toutes les contrariétés vécues dans la relation trouvent leur origine dans le chaos intérieur. L’amour c’est accepter que le seul pouvoir qui soit le mien est celui de transformer mon vécu dans la relation à l’autre ; c’est affronter mon ombre avec humilité…

Tant que nous aurons des blessures à guérir nous serons humains. Tant que nous serons humains l’amour nous échappera toujours au profit de la névrose. »…

28 novembre 2017

Extraits de la postface rédigée par le Pr Cyrus IRAMPUR, ouvrage « Votre corps a une mémoire »

Publié par Jean-Christophe TCHEKEMIAN - Homme de l'être dans Extraits de lectures & commentaires

Postface rédigée par le Pr Cyrus IRAMPUR, médecin, psychiatre, docteur en psychologie et en philosophie

 

« …Constater que des méthodes dénommées « alternatives » (parce que non enseignées dans les universités) donnent de meilleurs résultats est monnaie courante pour moi. Or, un des aspects les plus probants de la valeur scientifique d’une thérapie est son efficacité… »

Au sujet du corps :

« Il constitue le lieu de tout, notamment de la mémoire émotionnelle qui est à la base de tous les troubles. Il faut se rendre à l’évidence : le langage verbal est une représentation secondaire de l’expérience humaine. Les fondements de l’expérience humaine sont émotionnels, perceptifs et au final, corporels. Le corps ne ment pas.Tandis que, comme le dit si bien un proverbe africain, « le bon Dieu a créé le verbe chez l’homme pour qu’il cache ses sentiments ». Toute souffrance humaine est liée à un trouble de la conscience de soi dont la base est le corps, et non pas l’intellect ni la pensée. »

Au sujet de l’émotion :

« Les souffrances ne sont pas générées par une cause a priori intellectuelle. Ce sont toujours les émotions qui font souffrir. Elles sont chargées de sens : honte, peur, colère, culpabilités. Or la mémoire du corps est par essence émotionnelle. »

 

Quelques notions qui caractérisent la pratique sur la « mémoire du corps »:

- la place du corps en tant que lieu de mémoire génératrice de troubles.

- l’émotion bloquée dans le corps, devenue insensible et inaccessible à la conscience.

- la répétition de troubles (schémas répétitifs), crises ou maladies qui orientent le thérapeute vers leur signification historique personnelle, transpersonnelle et souvent même transgénérationnelle.

- l’accompagnement par lequel le thérapeute crée les conditions simples permettant au patient de ressentir les émotions dans son corps, de se déconditionner peu à peu et d’apprendre à vivre sans peur ni symptôme.

 

« VOTRE CORPS A UNE MEMOIRE, partir sur la traces des souvenirs profonds que l’esprit a oublié » Myriam BROUSSE avec la collaboration de Valérie PERONNET édition POCHE MARABOUT

 

 

 

 

25 novembre 2017

« 12 jours – à la croisée de la justice & de la psychiatrie : les malades ont des droits ». écrit par Jean-Christophe Tchékémian – avant-première du film-documentaire de Raymond DEPARDON

Publié par Jean-Christophe TCHEKEMIAN - Homme de l'être dans Billets d'humeur

92 000 mesures d’hospitalisations psychiatriques sans consentement sont effectuées chaque année en France, soit 250 par jour. L’hôpital a alors 12 jours à compter de l’admission du patient, pour saisir le juge des libertés et de la détention qui validera le programme de soins sans consentement ou prononcera une main-levée et ce depuis l’application de la loi du 27 septembre 2013. Ce magistrat contrôle la régularité et les conditions de la mesure contrainte et prend connaissance des certificats établis par le collège de psychiatres. L’audience qui se tient au sein-même des établissements psychiatriques (salle d’audience qui n’est à ce jour toujours pas prévue dans tous les HP) donne la parole (le patient est assisté d’un avocat – souvent commis d’office - et de toute personne partie prenante du quotidien du patient : assistante sociale, éducateur ou curateur, tuteur…). Raymond DEPARDON et la productrice du film-documentaire Claudine NOUGARET (son épouse) ont installé leurs 3 caméras au coeur même de la salle d’audience mettant la plus belle lumière sur le patient, le magistrat et la scène générale du lieu où se joue plus que ce qui est montré. Ces 10 patients filmés (avec les accords de rigueur) ainsi que les 4 magistrats dédiés aux audiences et tous volontaires témoignent d’une réalité que l’on n’avait encore jamais montrée.

Raymond DEPARDON aime filmer les « pauvres ». Voilà ce que certains aiment dire de lui. Ce film ne montre pas ces « pauvres » qu’il lui plairait tant de filmer mais les démunis d’une réalité face au poids d’une psychiatrie qui exerce avec toute sa science et ses compétences la difficile et subtile tâche de protéger le patient du danger qu’il peut représenter pour lui-même et pour la société (du dehors – car il y a une société du dedans…).

Le parti pris cinématographique est selon moi de montrer combien l’institution judiciaire même formée semble fragile face à la puissante dynamique des experts d’un sujet que l’on préfère considérer trop complexe et hermétique pour les non-initiés. Nous mesurons dans des regards perplexes et des silences éloquents combien les uns comme les autres se sentent démunis. Patients et magistrats, en face à face comme le miroir d’une misère différente mais partagée tentent d’établir un dialogue qui au fond se résume parfois à ce que l’on pourrait qualifier de dialogue de sourds. Ce qui est remarquable est qu »il y a dans ce dialogue institutionnalisé entre deux mondes sans doute aux antipodes, des paroles puissantes exprimant de réelles souffrances. Si elles n’ont pas toujours de sens objectif, elles ont toujours une vraie signification. Ces patients qui ont la parole, bien qu’éprouvés par la maladie, les troubles et symptômes qui y sont liés (CQFD) disent tous quelque chose d’eux. Ils témoignent à leur manière et dans la logique de leur grille de lecture ce qu’ils traversent avec courage et émotions dans un calme qui suscite même un étonnement.

Pas de présence physique de médecins psychiatres dans ce film tourné à l’hopîtal du Vinatier à Bron en périphérie lyonnaise (le plus grand HP d’Europe) même si leur présence est implicite et systématique. En effet, c’est sur la base des avis d’xperts » que le magistrat prend sa décision. « 12 jours » nous plonge au coeur de nos doutes et nos croyances, nos aprioris et parfois font bouger les lignes de nos convictions pour amorcer le débat autour d’une question essentielle et fondamentale. Quelle avenir pour cette réalité ? Quelle place pour le patient en souffrance face à la justice ? Quelle place accorde-t-on à ceux que l’on a longtemps enfermés dans des asiles et dont on ne préfére rien savoir ou si peu savoir ni entendre. Quelle place pour la justice dans cet univers « carcéral » (la maladie et certains HP) au même titre que la prison. « Envie d’être libre, sortir et retrouver les miens, mais aussi envie de mourir, la vie étant trop dure… » tels sont aussi les propos de ceux qui sont filmés. Face à cette souffrance qui se raconte par un langage qui se décode à l’aune d’un dossier que l’on n’invente pas et qui demande du temps et beaucoup de patience, la justice montre ses limites. La lenteur et les doutes sont suggérés par les plans en extérieur et certains en interieur où le vide apparaît presque violemment. Le tout magnifiquement servi par une musique d’Alexandre DESPLAT qui contribue à faire de ce film une oeuvre artistique pleine de poésie et de douceur. Le rythme est lent et nous offre le temps de la réflexion, les émotions dépassées.

Ce documentaire nous donne presque une illustration discrète du modèle de la triangulation perverse de Karpman mettant en jeu le bourreau, le sauveur et la victime. Chacun à son tour empruntant le rôle inconscient de l’un et de l’autre toute mesure par ailleurs gardée. Personne n’est désigné par me mauvais rôle mais chacun peut se faire son idée.

Il n’en demeure pas moins que le regard de Raymond DEPARDON est respectueux, sobre et empathique par un jeu de trois caméras de très haute définition (tourné en numérique 4K)). Il fallait montrer tout ce qu’il y a de subtil et de beau dans cette réalité mais aussi ce qu’il reste à faire pour être digne des ambitions affichées. Il faut savoir que la France a été condamnée par la cour européenne des Droits de l’Homme à ce titre : les hsopitalisés sous contrainte ont des droits. Ces droits n’ont pas souvent été partout respectés. Il s’agit de montrer ces femmes et ces hommes, patients et magistrats, dans l’expression de leur humanité la plus lumineuse. Il reste à évaluer la part de désirabilité sociale impactant la position et la parole des uns et des autres par la seule présence des caméras et de l’enjeu affiché du film.

Raymond DEPARDON semble avoir magistralement choisi le parti du patient qu’il montre avec grande dignité mais aussi celui de la justice représentée par la voie des magistrats qui ont accepté d’être filmés dans l’exercice de leurs nouvelles missions quotidiennes. Filmés dans le cadre de l’exercice de leurs fonctions, nous mesurons parfois la difficulté d’entrer dans le coeur du sujet par des langages qui se décodent mal et qui donnent lieu à quelques scènes étranges voire comiques.. Magistrats et patients sont présents et filmés en l’absence des psychiatres. La force de leur avis et de leur signature emportent souvent le débat. Ici, les absents ont souvent raison ou en tous cas sont souvent suivis par les magistrats qui ne statuant sur le droit.

Raymond DEPARDON aurait-il  quelque chose à régler avec l’univers psychiatrique ?

Merci à lui et à Claudine NOUGARET pour ce fort témoignage d’une réalité peu connue et encore trop peu prise en compte faute des moyens humains et matériels donnés aux institutions de soins et de justice pour accueillir la souffrance dignement mais surtout pour appliquer la loi qui donne des droits aux malades aussi qu’il n’en déplaise à certains.

QUELQUES CHIFFRES :

Analyse des statistiques 2015 publiées en 2017 dans LIBERATION pour les soins sans consentement

- Les pathologies psychotiques (trouble du contact avec la réalité : schizophrénie et maladie bipolaire, représentent plus de 50% des âthologies concernées.

- 11% des patients suvis en psychiatrie sont internés sans consentement.

- 1 700 000 patients adultes  de + de 16 ans sont suivis en psychiatrie ambulatoire.

- 419 000 patients hospitalisés en psychiatrie en 2015.

- 15 000 psychiatres (libéraux et hospitaliers) en France.

SOINS SANS CONSENTEMENT :

- 92 000 hospitalisations contraintes en France.

- Durée moyenne d’hospitalisation :

     – 58 jours en moyenne (sous contrainte comme libre)

     – hospitalisation sous contrainte tous modes confondus :

          – péil imminent : 26 jours,

          – hospitalisation à la demande d’un tiers : 40 jours,

          - hospitalisation à la demande du Préfet : 83 jours,

- Nombre de décisions judiciaires en 2015 : près de 75 000.

- Taux de maintien de l’hospitalisation complète en 2016 : 91,4%

                                                           CE FILM SORT EN SALLE LE 29 NOVEMBRE 2017.

22 novembre 2017

« Silence. Invitation à se taire aux mots » écrit par Jean-Christophe Tchékémian

Publié par Jean-Christophe TCHEKEMIAN - Homme de l'être dans Poésie

Mots de trop. Mots qui troublent.

Maux de trop. Maux qui hurlent.

Crier fort en silence.

Se taire dans le vacarme.

Nuit des corps. Nuit des esprits.

Nuit un jour. Nuire toujours.

Nuit des temps. Nuit tout le temps.

Mémoire.

Souvenirs et sensations.

Corps fidèle. Esprit perdu.

Racines du mal. Origines de la souffrance.

Le corps a parlé. Trop tard. L’empreinte est là.

Plus fort que les mots.

Mots d’esprit.  Maux du corps.

Engrammés.

Mémoire de l’un. Mémoire de l’atre.

Envie de se taire. Silence.

Peur du vide. Peur du plein.

Trop plein de mots. Trop plein de vide.

Maux en choeur. Coeur à l’ouvrage.

Debordé. Ici ou là.

Apaiser. Enfin se taire.

Silence. On tourne. La page ?

Non. Les peurs.

Écouter avec force.

Sens de la perte. Sans fracas.

Sens du vide. Essence du plein.

Inconscient. Après quoi cours-tu ?

En mots. En maux.

Et surtout en silence.

Chut.

Doigt posé sur ses lèvres.

Il valait mieux se taire.

Enterrer les mots. Déterrer les ombres.

Fantômes de la pensée. Ombres des corps.

Il ne reste plus rien. Rien.

Silence sur la portée. Respiration oubliée.

Renaître à la vie. Re-naissance.

Enfin pour se taire. Pour de vrai. Pour la victoire.

Celle de la vie.

 

 

14 novembre 2017

Partir sur la trace des souvenirs profonds que l’esprit a oublié

Publié par Jean-Christophe TCHEKEMIAN - Homme de l'être dans Extraits de lectures & commentaires

« …Notre histoire est avant tout une histoire de mémoires… » in VOTRE CORPS A UNE MÉMOIRE de Myriam BROUSSE éd. Poche Marabout 41r9Wn243mL._SX351_BO1,204,203,200_

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